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Surchauffe estivale : ce que le Passivhaus sait faire depuis 35 ans

Le Passivhaus Institut de Darmstadt existe depuis plus de trente-cinq ans. Son standard de calcul — le PHPP — a intégré une exigence que la plupart des labels énergétiques nationaux n'abordent que très partiellement : la surchauffe estivale.

Un standard est pensé pour les deux saisons. Le PHPP ne se limite pas à calculer un besoin de chauffage. Il intègre un indicateur de fréquence de surchauffe : le pourcentage d'heures annuelles où la température intérieure dépasse le seuil de confort, fixé à 25°C. Ce calcul croise : les apports solaires par les vitrages selon l'orientation, l'efficacité des protections solaires extérieures, l'inertie thermique des matériaux, et la capacité de la ventilation nocturne à évacuer les surplus de chaleur accumulés.

Un projet ne peut pas obtenir la certification Passivhaus si cet indicateur dépasse la limite fixée — même si son isolation hivernale est par ailleurs excellente. Le confort d'été est donc, depuis l'origine du label, une condition d'obtention à part entière.

DPE et CECB : des outils encore centrés sur l'hiver

Le DPE français reste historiquement construit autour de la consommation énergétique et des émissions de CO2. Une entrée "confort d'été" y a bien été ajoutée, mais de façon qualitative — sous forme d'appréciation générale — plutôt que par un calcul dynamique comparable à celui du PHPP.

Le CECB® suisse suit une logique proche. Les indicateurs qui déterminent la classe A à G du bâtiment, efficacité de l'enveloppe et efficacité énergétique globale, sont calculés à partir du besoin de chauffage (Qh,eff), selon les méthodes SIA 380/1 et SIA 2031. Le document ne produit ni classe ni indice chiffré du risque de surchauffe : quand des remarques sur la ventilation ou l'inertie thermique apparaissent, elles restent des recommandations rédigées, pas le résultat d'un calcul dédié.

À l'inverse, la méthode PHPP oblige le concepteur à trancher dès l'esquisse entre surface vitrée, orientation, protections solaires et inertie thermique. Les mêmes leviers qui déterminent, par exemple, si une architecture monolithique très vitrée du Chablais deviendra un four l'été ou restera confortable. C'est cette approche intégrée en amont, qui garantit un résultat réellement mesurable.

En attendant une évolution du référentiel national sur ce point, rien n'empêche d'appliquer la logique du PHPP en complément d'un CECB : calculer un taux de surchauffe, dimensionner les protections solaires façade par façade, vérifier la capacité de ventilation nocturne. C'est une démarche à envisager systématiquement dès qu'un projet présente de grandes surfaces vitrées.

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